Paradis Barbarie

Marie Moreau

"Chèr·e·s ami·e·s, cette maladie nous mobilise, nous met dans un mouvement très particulier, nous demande beaucoup. Et je découvre avec vous, en nous écoutant, ce que nous, vivants, demandons en retour. En vous écoutant, j'ai le sentiment que nous allons regarder dans la maladie de façon très intime, chacun à notre manière, sans doute, puisque celle-ci de toute façon nous regarde."

Paradis Barbarie est un film en chantier, un film depuis lequel le récit de notre maladie du cancer fait processus et nous amène à nous relier entre malades. Nous sommes cinq mais peut-être que nous serons dix ou plus, ou moins, nous sommes pour la plupart en rémission. Par notre désir de dire et les scènes qui se lèvent pour représenter peut-être la disparition, peut-être la brûlure de nos cellules, peut-être la fouille scientifique, peut-être nos consciences blessées, peut-être nos corps cicatrisés, nous soignons la face cachée du cancer, celle du vivant.

L'homme vertige

Malaury Eloi

Le vertige c’est l’angoisse, un état d’égarement, une folie passagère. Ce sont les hommes qui tournent en rond. Pris au piège dans cette ville-labyrinthe, Pointe-à-Pitre cette non-ville, les errants la traversent le jour et la nuit en marchant retournant dans les mêmes lieux comme un pèlerinage sans fin. Je m’interroge sur ces errances urbaines.
Et moi, pourquoi j’éprouve le besoin d’errer dans les rues de Pointe-à-Pitre. Je découvre un sous-monde, déstabilisant, où la violence imprègne les êtres. Et le fléau du crack. Et la folie qui menace.

Nous

Alice Diop

Une ligne, le RER B, traversée du nord vers le sud. Un voyage à l'intérieur de ces lieux indistincts qu'on appelle la banlieue.
Des rencontres : une femme de ménage à Roissy, un ferrailleur au Bourget, une infirmière à Drancy, un écrivain à Gif-sur-Yvette, le suiveur d'une chasse à courre en vallée de Chevreuse et la cinéaste qui revisite le lieu de son enfance.
Chacun est la pièce d'un ensemble qui compose un tout. Un possible "nous".

Paroles de nègres

un film documentaire de Sylvaine Dampierre écrit par Sylvaine Dampierre et Gilda Gonfier

À Marie-Galante, depuis le temps de l’esclavage, la canne et le sucre façonnent le destin des hommes.
Aujourd’hui les ouvriers de Grand Anse vouent leurs forces et leurs espoirs à la survie de leur usine sucrière à bout de souffle. Prêtant leurs voix, le temps d’un film, aux paroles retrouvées de leurs ancêtres esclaves, ils redonnent vie à une mémoire oubliée. Contre l’effacement de leur monde, ils rompent le silence des nègres.